Interview de Florian Carrière, avocat et lauréat du Trophée ANDRH Junior 2015, dans la catégorie Consultant RH.

 




«  Le prêt de main-d’œuvre comme outil d’attractivité »


Propos recueillis par Christel Lambolez.

 

Comment voyez-vous l’évolution des métiers RH dans un avenir proche ?

 

Ils vont être de plus en plus orientés sur des aspects juridiques. Les experts RH doivent faire face au quotidien à des problématiques législatives et réglementaires. De nos jours, les formations RH insèrent davantage de droit dans leur programme et les jeunes générations sont plus aguerries car elles ne restent pas cantonnées à des enjeux liés uniquement au dialogue social. 

Les DRH ne sont pas des juristes à la base mais ils ne pourront pas faire l’économie de développer à terme de nouvelles compétences en droit.  Le droit social est par exemple nécessaire pour mettre en place une politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) efficace. De même, toutes les tendances nouvelles d’organisation du travail, comme le travail à distance ou le télétravail, nécessitent de rédiger des contrats spécifiques.

 

Pouvez-vous nous rappeler ce qui vous a valu de remporter le Trophée ANDRH Junior 2015 ?

 

En tant qu’avocat spécialisé en droit social et naturellement très intéressé par les problématiques RH actuelles, j’ai souhaité attirer l’attention des professionnels RH sur un formidable outil à leur disposition et pourtant encore largement méconnu : le prêt de main d’œuvre. Ce mécanisme peut être utilisé de multiples façons. Par exemple, lors des Trophées ANDRH Junior, la lauréate de la catégorie "Généraliste RH" avait présenté un projet sur le développement de la marque employeur La Redoute, l’objectif était de rendre plus attractive l’entreprise afin de pouvoir attirer des nouveaux talents (notamment par l’usage des réseaux sociaux). Or, à mon sens, le prêt de main d’œuvre peut participer du renforcement de la marque employeur. Dans les groupes de sociétés, il serait en effet judicieux pour les recruteurs de mettre davantage l’accent sur le fait que le salarié n’entre pas dans une simple entreprise, mais dans un groupe composé d’une multitude de sociétés, avec une réelle possibilité de mobilité professionnelle en son sein. C’est là une véritable valeur ajoutée pour ces entreprises car le salarié se voit offrir un parcours professionnel riche et diversifié avec une sécurité contractuelle inestimable, puisqu’il reste juridiquement lié à son entreprise d’origine.

Ce sujet commence à séduire les populations RH qui y voient une solution alternative à des problématiques rencontrées au quotidien. Mais à l’heure actuelle, il existe encore un gros travail de formation et d’information à effectuer car l’usage de ce dispositif est encore balbutiant.


Que pensez-vous justement du Congrès organisé par l’ANDRH pour partager les expériences et s'ouvrir à de nouvelles pratiques ?


Les sujets abordés montrent que la fonction RH est la fonction polyvalente de l’entreprise. Le programme du Congrès est riche et varié et on constate que les thématiques abordées font appel à beaucoup de notions juridiques. Cette initiative montre qu’il y a bel et bien une nette évolution des métiers RH depuis quelques années et que la fonction doit être plus en alerte sur de nouveaux sujets. 



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